Les Frères Lehman

Stefano Massini

11 septembre 1844, apparition. Heyum Lehman arrive de Rimpar, Bavière, à New York. Il a perdu 8 kg en 45 jours de traversée. Il fait venir ses deux frères pour travailler avec lui.
15 septembre 2008, disparition. La banque Lehman Brothers fait faillite. Elle a vendu au monde coton, charbon, café, acier, pétrole, armes, tabac, télévisions, ordinateurs et illusions, pendant plus de 150 ans.
Comment passe-t-on du sens du commerce à l’insensé de la finance ? Comment des pères inventent-ils un métier qu’aucun enfant ne peut comprendre ni rêver d’exercer ?
Grandeur et décadence, les Heureux et les Damnés, comment raconter ce qui est arrivé ? Non seulement par les chiffres, mais par l’esprit et la lettre ?
Par le récit détaillé de l’épopée familiale, économique et biblique. Par la répétition poétique, par la litanie prophétique, par l’humour toujours.
Par une histoire de l’Amérique, au galop comme un cheval fou dans les crises et les guerres fratricides.
Comment prendre la suite de Yehouda Ben Tema qui écrivit dans les Maximes des Pères :
« Tu auras cinquante années pour devenir sage.
Tu en auras soixante pour devenir savant » ?
Nous avons 848 pages et environ 30 000 vers pour devenir instruits, circonspects, édifiés. Groggy.


« Stefano Massini invente une forme littéraire hybride, (…) il manipule différents tons, joue avec la chanson, l’inventaire, la transcription de vraies voix, pour rendre à nouveau sensible l’épopée dans le présent. » — La Stampa

« Leur histoire est racontée à la manière de celle des Karamazov par Dostoïevski dans la seconde moitié du xixe siècle, ou des Buddenbrook par Thomas Mann au début du xxe siècle. » — La Repubblica